Techniques photo

Photographier une course

Anthony Szczerbal668 views
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photographier-course-moto-1Photographier un évènement sportif quelqu’il soit n’est pas chose aisée et demande de la réactivité, des connaissances techniques et de la dextérité.

Je vais dans cet article vous donner quelques conseils basés sur ma propre expérience dans ce domaine. Passionné de sport mécanique et plus particulièrement de moto, j’ai tout naturellement choisi d’illustrer mes propos en prenant exemple sur le dernier évènement sportif que j’ai photographié à savoir, la course de cote de Confolant. Sachez que l’ensemble des conseils de cet article peuvent également s’appliquer à la photographie de courses automobiles. Alors ne perdons pas une minute de plus et entrons dans le vif du sujet!

Dans cet article nous allons aborder plusieurs points qui je l’espère vous aideront à vous améliorer dans ce domaine. Ainsi, nous verrons comment faire la mise au point, comment régler votre appareil pour être le plus réactif possible, où se placer et enfin comment retranscrire la vitesse dans vos photos. Allons y!

I- Mise au point : mode AF-C, 1 collimateur

Qui dit course de cote, dit vitesse et sujets en mouvement! Et qui dit sujets en mouvement dit mise au point difficile! La première difficulté à laquelle vous allez devoir faire face et d’effectuer une mise au point ou MAP sur votre sujet dans un lapse de temps très court!

Nous avions abordé dans un précédent article les différentes façons d’effectuer la mise au point. Quand il s’agit de photographier une course de moto, une course automobile ou tout autre événement sportif, il n’y a pas 36 solutions pour la mise au point! Vous allez devoir régler votre appareil photo sur le mode autofocus continu ou AF-C. Ainsi, la mise au point de votre sujet se fera continuellement à partir du moment où vous appuyerez à mie course sur le déclencheur mais aussi tout au long des prises de vue que vous ferez.

Une fois le mode AF-C sélectionné, je vous conseil d’utiliser un seul et unique collimateur. En effet, l’utilisation combiné de plusieurs collimateurs et du mode autofocus continu va laisser à l’appareil photo le choix du collimateur sur lequel effectué la mise au point. Or pour la photographie de sport mécanique, il faut toujours effectuer la mise au point sur le casque du pilote. Il est donc très important de sélectionner un seul collimateur et libre à vous de choisir lequel (nous verrons plus tard quel collimateur je préfère utiliser dans ce genre de cas).

II- Réglage de l’appareil photo : Mode S ou M + ISO auto

Une fois l’autofocus réglé en mode AF-C, intéressons-nous aux autres réglages de l’ouverture, de la vitesse d’obturation et des ISO.

Photographier une course de moto ou de voiture demande une grande réactivité. Il faut donc utiliser les automatismes de votre boîtier au maximum pour ce concentrer sur l’essentiel! J’avais abordé dans un précédent article les différents mode de votre boîtier (PSAM) et si vous ne savez pas quel est l’utilité de chaque mode je vous invite à consulter cet article : Maîtriser son boîtier.

Dans le cas de la photographie de sport mécanique, il est conseillé d’utiliser le mode S de votre boîtier. En effet grâce à ce mode vous allez pouvoir configurer la vitesse d’obturation que vous désirez, l’appareil se chargera de choisir l’ouverture et la sensibilité ISO automatiquement. Ce mode va vous permettre de vous focaliser sur le cadrage et la prise de vos photos. Pour photographier une course de moto ou de voiture, je vous conseille de configurer une vitesse entre 1/500 et 1/250. Si vous utilisez une vitesse plus rapide 1/1000 ou plus, vous perdrez toute notion de mouvement et votre sujet (voiture ou moto) sera comme figé sur votre photo. Si au contraire vous descendez en-dessous de 1/250 alors vous augmentez le risque d’obtenir des images floues. Si votre objectif est équipé d’un système de stabilisation, vous pouvez essayé de descendre à 1/125. Descendre à des vitesses aux alentours des 1/250 va vous permettre d’accentuer la sensation de vitesse en obtenant un filé en arrière plan (cf photo ci dessous).

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Le mode S n’est pas votre unique alternative! Le mode M est également adapté voir même préférable (de mon point de vue). Selon moi, le gros désavantage du mode S et que l’appareil peut choisir lui même l’ouverture de votre objectif ce qui va directement influencer la profondeur de champs ou DoF (Depth of field). Si vous n’êtes pas familier avec l’ouverture et son rôle dans la profondeur de champs, je vous invite à lire cet article : Ouverture et profondeur de champ. Ainsi, si votre boîtier choisi une ouverture à f8, f11 ou encore plus petite, votre profondeur de champs n’en sera que plus grande ce qui va augmenter les zones nettes de votre sujet mais également diminuer le flou d’arrière plan (Bokeh) ce qui va par conséquent diminuer le filé et l’impression de vitesse. Vous obligeant à vous éloigner de votre sujet pour retrouver ce filé.
Si votre boîtier est équipé d’une option ISO auto avec un seuil à ne pas dépasser, je vous conseil de privilégier le mode M avec ISO auto. Grâce au mode M, vous aurez à la fois la main sur la vitesse d’obturation (environ 1/250) mais aussi sur l’ouverture. Le réglage automatique des ISO va quant à lui jouer le rôle du mode S en augmentant ou diminuant les ISO en fonction de l’environemment et des réglages d’ouverture et de vitesse que vous aurez configurer.

Libre à vous de faire votre choix parmis ces 2 options. Le but étant d’obtenir une configuration vous permettant de vous concentrer sur le cadrage tout en obtenant un filé et une sensation de vitesse.

III- Placement et cadrage

Vous voilà paré pour prendre vos première photos! Mais pas si vite! Il reste encore 2 points (et non des moindres) à aborder.

Placement

L’emplacement sur le tracé de la course est très important! Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il faut choisir un emplacement où la moto / voiture va avoir une vitesse de passage lente (virage serré, épingle, etc…) et non une ligne droite où le véhicule va être très rapide. Pourquoi ? Il y a 2 raisons que je peu évoquer rapidement. La première est logique, vous aurez davantage le temps de faire la mise au point sur votre sujet à faible vitesse qu’à très haute vitesse. La deuxième raison est que votre photo aura plus d’impact, sera plus attirante qu’une photo en ligne droite. En effet, dans un virage vous arriverez à capter les expressions du pilote, la position de la voiture ou de la moto sera plus dynamique ce qui augmentra la sensation de vitesse.

Petite astuce: essayez de vous positionner à l’intérieur du virage plutôt qu’à l’extérieur surtout si vous photographier des motos (vous verrez le pilote, son genoux par terre, etc…)

Cadrage

Pour finir, parlons rapidement du cadrage. Nous avons vu plus haut qu’il est préférable d’utiliser un seul collimateur pour effectuer la mise au point. Le choix du collimateur dans le viseur à son importance! Prenons l’exemple de la photo ci-dessous.

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Je me suis positionné à l’intérieur d’une courbe dans laquelle les motos arrivaient par la gauche. Mon but était donc de faire la mise au point sur le casque du pilote (comme nous l’avons vu précédemment). En sélectionnant le collimateur de gauche ou du centre, je n’avais pas le temps de faire le mise au point en plaçant le colimateur sur le casque du pilote (la moto arrivait trop vite). J’ai donc dû sélectionner mon collimateur de droite afin d’avoir suffisamment de temps pour cadrer, placer le casque du pilote et suivre la moto tout en shootant.

Suivre la moto en mouvement pendant la prise de vue est très important afin de retranscrire la vitesse et le mouvement de la moto!

Enfin, pour dynamiser un peu plus votre image, n’hésitez pas à pencher légèrement votre appareil. Sur mon exemple, la moto arrivant par la gauche, j’ai légèrement penché mon appareil vers la droite ce qui accentue l’impression de vitesse!

 

Vous savez maintenant tout sur comment photographier une course! J’espère que ces quelques conseils vous seront utiles! N’hésitez pas à partager vos photos en commentaires!

 

 

Anthony Szczerbal
Guitariste depuis plus de 10 ans, je suis tombé il y a environ 2 ans dans le monde fascinant de la photographie. Passionné d'astronomie, j'ai tout de suite voulu apprendre à faire des photos d'étoiles et de la voie lactée. Puis, à force de pratiquer, je me suis ouvert à d'autres univers et je m'intéresse désormais à la pose longue au encore au strobisme. J'ai décidé de monter ce petit site sur la photographie pour montrer qu'avec un peu de patiente et de créativité, la photographie est accessible à tous.

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